La créosote se présente sous plusieurs formes, et toutes ne se retirent pas de la même façon. Au premier stade, c'est une suie poudreuse qu'une brosse enlève sans difficulté. Au deuxième, elle s'agglomère en écailles noires et friables, encore accessibles mécaniquement. Au troisième, elle a durci en une couche vitrifiée, brillante, collée à la paroi comme du goudron figé. À ce stade, une brosse glisse dessus sans rien retirer.
C'est cette créosote vitrifiée qui présente le plus de risque. Elle est dense, très inflammable, et elle réduit le diamètre utile du conduit, ce qui dégrade le tirage et accélère encore sa propre formation. Un cercle vicieux s'installe : moins le conduit tire, plus la combustion est incomplète, plus elle dépose.
Le traitement passe d'abord par un produit décristallisant, appliqué ou brûlé selon le cas, qui transforme la couche vitrifiée en un dépôt friable que le brossage peut ensuite reprendre. L'opération demande souvent plusieurs passages étalés sur quelques semaines, avec des flambées entre les applications. Quand le produit ne suffit pas, il reste l'action mécanique : chaînes rotatives ou têtes à fléaux, montées sur perceuse, qui décollent la couche par abrasion. C'est efficace, mais exigeant pour le conduit — nous ne l'employons qu'après avoir vérifié à la caméra que la paroi peut l'encaisser.
La vraie réponse reste en amont. La créosote vitrifiée vient presque toujours des mêmes causes : bois insuffisamment sec, appareil surdimensionné qu'on fait tourner au ralenti, conduit trop froid parce qu'il passe à l'extérieur du volume chauffé. Nous vous indiquons laquelle de ces causes travaille chez vous, sans quoi le traitement se répète indéfiniment. Un bois fendu au printemps et abrité pendant deux étés change davantage l'encrassement d'un conduit que n'importe quel produit vendu en quincaillerie.